Affaire Amadou Vamoulké: des Camerounais mettent la pression sur Paul Biya

In SOCIETE

La mobilisation ne semble pas faiblir pour exiger la libération de Amadou Vamoulké. Après le message de soutien envoyé à l’ex-DG de la CRTV par l’ancien président du groupe de média RFI-TF1, Hervé Bourges, c’est au tour de certains citoyens Camerounais de mettre la pression sur la justice.

Une pétition en ligne a été lancée, à cet effet, pour exiger la libération d’Amadou Vamoulké. Lancé il y a cinq jour la pétition a déjà recueilli 250 signatures.


Le 06 octobre dernier, le Tribunal Criminel Spécial (TCS) avait décidé du renvoie de l’audience de l’ex-DG pour le 1er novembre prochain.

Accusé de détournement de deniers publics, Amadou Vamoulké a toujours clamé son innocence.

Voici l’intégralité de la pétition


La procédure judiciaire en cours est venue confirmer que M. Vamoulké est une haute personnalité publique qui a toujours fait preuve d’intégrité, de transparence et d’équité, qui plus est en obtenant des résultats remarqués pour l’entreprise publique de la CRTV. Cette personnalité représente un modèle considéré à risque par d’autres acteurs publics, puissants mais peu vertueux, qui ont choisi de se liguer pour le neutraliser par des persécutions puis par des procédures judiciaires dénuées de tout fondement.

M. Vamoulké subit un acharnement judiciaire totalement arbitraire et un emprisonnement injustifiable qui fragilise sa santé. Le procès de M. Vamoulké pose la question de savoir si un pays comme le Cameroun peut encore aujourd’hui se permettre de neutraliser ceux et celles de ses fils et de ses filles qui montrent le chemin vers un avenir où les « bonnes pratiques » feront oublier les pratiques actuelles encore trop souvent basées sur les intérêts personnels et égoïstes.

Au-delà de l’avenir personnel de M. Vamoulké, à qui la société camerounaise doit une réhabilitation sans faille, nous devons nous mobiliser largement pour que le respect des droits humains ne soit pas une nouvelle fois bafoué par une procédure dont l’objet ne trompe aucun camerounais. En remportant ce combat légitime nous aiderons la justice camerounaise, aujourd’hui trop souvent décrédibilisée, à renouer avec la confiance de ses citoyens.


Nous en appelons à la réhabilitation et à la libération immédiate
de M. Amadou VAMOULKE

La personnalité de M. Vamoulké suffit à comprendre les enjeux de son procès. Ses cinq principales qualités professionnelles -: intégrité, transparence, équité, rationalité et responsabilisation – sont des seules valeurs qui ont amené cette personnalité camerounaise à être depuis quatorze mois… en prison à Yaoundé.

M. Vamoulké est soutenu par des collègues dirigeants de l’audiovisuel public de différents pays (Burundi, France, Italie, Tchad, Tunisie, …), mais aussi par des représentants de la société civile camerounaise (ambassadeur, animateur radio, cadre d’entreprise, comédien, consultant, directeur de journal, entrepreneur, journaliste, magistrat, musicien, président d’association, … ) qui ont signé un témoignage de moralité établissant son intégrité.

En soutien à cette démarche, le REDHAC (Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale) a publié un communiqué de presse qui « demande avec la plus grande insistance la réhabilitation et la libération sans délais de M. Amadou Vamoulké, injustement emprisonné depuis le 29 juillet 2016.

Intégrité de M. VAMOULKE

M. Amadou VAMOULKE a toujours été publiquement reconnue au Cameroun, mais aussi auprès de ses confrères étrangers, comme celle d’un homme honnête et intègre. Pour preuve irréfutable, les éléments énumérés ci-dessous, qui suffisent à en attester, peuvent tous être vérifiés. Si toutes les actions relevées ci-dessus ne pouvaient pas éviter la prison à leur auteur, nous serions en droit de nous demander quel niveau d’intégrité faudrait-il démontrer pour éviter d’être déshonoré et privé de liberté ?

Comme DG de la CRTV de 2005 à 2016

Dès son entrée en fonction, M. Vamoulké a jugé son salaire « indécent » et a demandé de lui-même à le baisser de 60% en le diminuant de 8,9 à 3,6 millions FCFA.

LOGEMENT

M. Vamoulké a choisi un logement de fonction pour un loyer mensuel de 700 000 FCFA, ce qui représente le quart du niveau d’usage compte tenu de ses fonctions. M. Vamoulké a ainsi fait réaliser 277 millions FCFA d’économies sur onze années au budget de la CRTV.

FRAIS DE MISSION

M. Vamoulké a toujours fait un usage rigoureux de ses frais de mission qui n’ont toujours servi qu’à payer l’hôtel, la restauration et le transport. Contrairement à un usage trop souvent répandu, il n’a jamais présenté de factures de mission pour remboursement complémentaire.

M. Vamoulké a systématiquement reversé à la caisse de la CRTV le surplus de frais touchés lorsque la mission était écourtée alors que la pratique était de conserver l’argent déjà versé même lorsque la mission était annulée ou écourtée.

FRAIS DE REPRESENTATION

La comptabilité de la CRTV confirme que M. Vamoulké a pris une seule fois des frais de représentation d’un montant de 5 millions FCFA (pour des raisons professionnelles justifiées et vérifiées) alors que les autres fois il se limitait au strict minimum (autour de 0,5 millions FCFA). A titre indicatif, les pratiques passées accordaient une dotation moyenne de 30 millions FCFA pour ce type de frais de représentation de voyages à l’étranger.

GRATIFICATIONS DE LA PRÉSIDENCE

A titre de Directeur général, M. Vamoulké a toujours partagé les gratifications de la Présidence qui lui étaient remises intuitu personae, créant ainsi un précédent par rapport aux pratiques antérieures qui l’auraient autorisé à les conserver intégralement pour son usage personnel. M. Ndjock Abanda, qui était chargé de ces répartitions, peut témoigner pour au moins une vingtaine de circonstances.

COMMANDES

M. Vamoulké n’a jamais reçu le moindre « pourboire » sur les commandes passées par la CRTV.

M. Vamoulké a obtenu le prix du  »meilleur maitre d’ouvrage » sur 600 managers contrôlés selon un classement de l’ARMP (Régulateur des marchés publics).

HOTELS EN MISSION À L’ÉTRANGER

M. Vamoulké descendait généralement dans des hôtels trois étoiles qu’il payait sur ses propres deniers de frais de mission. Ce point peut être vérifié auprès de l’hôtel dans lequel il descendait à Paris (hôtel MEDIAN au1Boulevard Victor, 75015 – Paris).

ASSURANCE MALADIE DE LA CRTV

M. Vamoulké a toujours refusé la proposition des assureurs d’être « discrètement » pris en charge avec toute sa famille, alors que le reste du personnel ne bénéficiait pas de cet avantage. Ce point peut être vérifié auprès des assureurs, AXA notamment).

MARCHÉS PUBLICS

M. Vamoulké a toujours respecté la règle de publicité obligatoire des appels d’offres lancés par la CRTV sur les antennes.
M. Vamoulké a créé une structure de contrôle discrète des procédures de marchés, qui a permis d’annuler des attributions douteuses. Ce point peut être vérifié auprès auprès des membres actuels de la commission des marchés.

RECRUTEMENTS

M. Vamoulké a mis en place des procédures objectives et transparentes, requérant des avis divers, pour les nouveaux recrutements basés sur les qualités professionnelles et l’expérience pour écarter les « petits arrangements ».

M. Vamoulké a mis en place pour la première fois des appels à candidatures à la CRTV qui on fait l’effet d’une bombe et qui ont fini par devenir une pratique courante
M. Vamoulké a mis en place des concours avec copies anonymes. Il est à noter que sa propre nièce, Aissatou Vamoulké, a ainsi échoué il y a deux ans au concours de recrutement des JRI à la CRTV .Ces procédures transparentes représentent un précédent au Cameroun.
Aucun des enfants de M. Vamoulké ne travaille à la CRTV alors qu’ils étaient pourtant en quête d’emploi.

BONNES PRATIQUES

M. Vamoulké a mis fin à la commission de 10% que percevait l’administration fiscale pour se rémunérer sur la collecte de la redevance audiovisuelle.

Dans ses emplois antérieurs

IMPRIMERIE NATIONALE (dix ans comme Directeur général)
M. Vamoulké a créé un précédent en mettant en place une commission des marchés alors que la pratique n’était pas en vigueur au Cameroun.
M. Vamoulké a refusé de prendre son salaire tant que tout le personnel n’était pas payé avant lui (période de crise économique durant laquelle l’Etat ne payait pas ses dettes dans les délais).

M. Vamoulké a conservé un véhicule de fonction ancien en refusant de le remplacer tous les trois ans conformément à l’usage en cours.
M. Vamoulké n’a jamais accepté le moindre « pourboire » sur les recettes.

SITABAC

M. Vamoulké y a bâti une solide réputation d’intégrité que le PDG de cette entreprise, M. James Onobiono, et ses anciens collègues peuvent encore aujourd’hui confirmer.

Chronologie de la procédure en cours à l’encontre de M. Vamoulké
M. Amadou Vamoulké a été nommé Directeur général de la CRTV en janvier 2005.
Son prédécesseur a exercé ces fonctions pendant 17 ans et demi sans jamais avoir à subir le moindre contrôle. Il est établi que M. Vamoulké arrivait alors à la tête d’une entreprise exsangue, décridibilisée, disposant de moyens obsolètes et ayant perdu plus de 90% de son audience.

Cette nomination découlait alors de la volonté du Président de la République qui avait procédé préalablement à une large consultation de personnalités parmi lesquels M. Hervé Bourges qui avait chaudement recommandé M. Vamoulké qu’il avait formé comme journaliste.

En dépit de toutes les difficultés liées notamment à l’absence de ressources financières pour acquérir les matériels les plus urgents et à l’hostilité véhémente de personnalités à son encontre personnelle, M. Vamoulké a rapidement obtenu des résultats unanimement reconnus et publiquement salués, y compris au sein d’organisations internationales où il avait l’oreille attentive de ses collègues africains qui lui avaient attribué le surnom respectable de « Doyen ».

Il a notamment réussi à redresser la qualité des programmes en renouant avec la confiance de son auditoire et à rétablir la diffusion dans de nombreuses zones délaissées. Ces résultats, il les a toujours dédicacés à ses personnels qui ont adhéré à ses méthodes de gestion basées sur la transparence, l’équité, la rationalité et la responsabilisation.

Cette évolution positive, qui a permis de rétablir les équilibres internes, a été peu appréciée par les défenseurs d’une administration de la CRTV qui était jusque là principalement réservée aux ressortissants d’une certaine région (plus de 60% des effectifs de l’entreprise publique).

Au-delà de ces réactions internes d’une catégorie jusque là protégée, le management de M. Vamoulké s’est heurté à l’hostilité ouverte de hautes personnalités politiques et de l’administration qui ont utilisé des journaux pour propager de fausses rumeurs à son encontre et qui ont monté des affaires visant à le discréditer :

– Il a été reproché à M. Vamoulké qu’un discours présidentiel avait été interrompu pendant deux minutes alors qu’il a été établi qu’un militaire avait été chargé de déconnecter volontairement un câble ;

– M. Vamoulké a également été tenu pour responsable d’un problème de retransmission d’un match de football alors que la faute incombait à un détenteur de droits sportifs qui avait logé le signal sur un mauvais satellite ;
– L’absence de retransmission de la cérémonie de rétrocession de la presqu’île de Bakassi au Cameroun – dont le principe avait pourtant été publiquement décidé par les autorités politiques – a été présentée comme une faute professionnelle lourde qui devait entrainer le limogeage de M. Vamoulké ;

– La technique éprouvée de nombreuses lettres de dénonciation suscitées a débouché en 2007 sur l’envoi d’une équipe de contrôle qui a séjourné un an à la CRTV. Chargée de contrôler uniquement la gestion de M. Vamoulké, ce dernier a obtenu que la mission soit étendue à titre de comparaison à la dernière année d’exercice de son prédécesseur.

Cette mission a révélé de nombreux faits répréhensibles qui relevaient de la gestion antérieure, ne trouvant rien à redire sur la gestion de M. Vamoulké. Au final, son prédécesseur a été sanctionné par des amendes lourdes et les observations sur M. Vamoulké n’ont donné lieu à aucune demande de sanction.

Dans ce contexte très favorable à M. Vamoulké, une volonté persévérante de nuire et disposant de moyens de manipulation de la justice à cette fin s’est manifestée avant d’obtenir la transmission du dossier de M. Vamoulké au Tribunal de Grande instance puis au Tribunal Criminel Spécial pour obtenir son inculpation de nombreuses années après la première audition par la police judiciaire.

L’inculpation de M. Vamoulké ne portait pas sur un enrichissement personnel (la grande intégrité de cet homme étant publiquement établie). Il lui a été reproché un « gonflement » du compte de la CRTV logé au Trésor et un détournement par virement de 500 millions FCFA dans un compte privé dont il a été établi qu’il était celui de… la mutuelle de la Direction des impôts.

Cette accusation s’avère d’autant plus infondée que M. Vamoulké ne pouvait pas être en mesure de manipuler un compte tenu par le seul Trésor Public. En réalité, ce virement correspondait à une banale exécution des termes courants d’une convention ayant eu cours depuis les années qui ont précédé l’entrée en fonction de M. Vamoulké.

M. Vamoulké a subi un véritable acharnement concerté visant à le faire emprisonner :

– Les nombreux réquisitoires supplétifs produits lors des premières accusations étaient tous inconsistants ;

– La rédaction incongrue de son ordonnance de renvoi comportait d’innombrables violations de la Loi (durée de l’instruction dépassant les prescriptions légales, commissions complaisantes d’experts judiciaires, disjonction illégale de procédures, …) ;

– Le déclenchement de nouvelles procédures en parallèle pour pallier à l’invalidité des charges et lui ôter ses droits de recouvrer sa liberté, utilisant en cela la technique éprouvée du « rouleau compresseur ».

Les dénégations successives des témoins à charge et les correspondances multiples que M. Vamoulké a adressées dès sa prise de fonction au ministère des finances pour dénoncer la baisse drastique des revenus de la Redevance audiovisuelle suffisaient à le disculper et à le réhabiliter dans son honneur d’homme dévoué à sa mission et intègre.

Voir la pétition

source:cameroonweb


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