Crise au Togo: le parlement assiégé par l’armée, l’opposition suspend la séance du jour

In AFRIQUE

Les députés de l’opposition ont réclamé mardi une suspension immédiate de la session parlementaire extraordinaire, qui n’abordera pas l’avant projet de loi de réforme constitutionnelle prévoyant une limitation de mandats présidentiels, selon l’ordre du jour.

Au Togo, les opposants prennent d’autres actions. Après avoir passé déjà plusieurs jours dans les rues, c’est au Parlement qu’ils ont décidé d’aller pour se faire entendre.


Mardi, l’opposition a demandé la clôture de la session aussitôt ouverte, ce qui a entraîné la suspension de la séance au Parlement.

Quelques heures après cette action, les élus ont décidé d’examiner mercredi le projet de loi sur la modification constitutionnelle, avant que le président du parlement Dama Dramani a suspendu la séance du jour pour mercredi 13 septembre.

L’opposant Jean-Pierre Fabre affirme que deux pickups sont stationnés devant son domicile.



En images : l’opposition togolaise au Parlement

Le siège du parlement sous haute surveillance policière. Des unités auraient même dormi sur place selon les informations de VOA Afrique.

Dans cette vidéo de la correspondante de VOA Afrique, Brigitte Adjamagbo, présidente de CAP2015, regrette que la modification de la constitution ne soit pas à l’ordre du jour.


« Nous avons constaté, malheureusement, que ce n’est pas une question qui est à l’ordre du jour », a déclaré Brigitte Adjamagbo, « nous trouvons ça extraordinaire, surréaliste, vous êtes des élus du peuple, le peuple est dans la rue, depuis plusieurs jours, pour revendiquer quelque chose, et vous ne pensez pas à l’inscrire à l’ordre du jour ».

« Nous sommes venus leur dire: ‘ce n’est pas normal' ».

La situation était calme mardi matin dans les rues de Lomé. D’autres rassemblements sont prévus vendredi, ainsi que la semaine prochaine.

Réformes constitutionnelles

La plupart des partis d’opposition du pays réclame depuis plus de dix ans des réformes constitutionnelles pour limiter à deux le nombre de mandats présidentiels et un scrutin à deux tours.

La Constitution togolaise de 1992 a été modifiée à plusieurs reprises, notamment par le général Gnassingbé Eyadéma, le père de l’actuel chef de l’Etat. Il avait notamment, en 2002, avait supprimé la limitation de mandats présidentiels.

A la veille des marches historiques à l’appel de 14 partis politiques la semaine dernière, le pouvoir avait tenté de jouer l’apaisement en soumettant un avant-projet de loi de réforme constitutionnelle, laissant entendre que le Parlement l’examinerait lors de la session extraordinaire du 12 septembre.

Toutefois, Alphonse Waguena, le secrétaire général de l’Assemblée nationale a précisé lundi soir à la télévision nationale que « selon l’article 110 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la révision constitutionnelle ne peut pas faire l’objet d’une procédure d’urgence ».

Le président de l’Assemblée a fait savoir mardi matin que les présidents des partis politiques togolais se concerteraient mercredi pour discuter de l’avant-projet de loi.

Le pouvoir n’a jamais officiellement refusé de discuter avec l’opposition sur le sujet et a mis en place de nombreuses commissions ou instances de dialogue. Mais, depuis l’arrivée au pouvoir en 2005 de Faure Gnassingbé à la mort de son père, et deux présidentielles contestées, les revendications de l’opposition sont toujours restées lettre morte.


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