Wednesday, June 19, 2019

Algérie: les promesses du président Bouteflika n’apaisent pas la colère

En Algérie, dans un message lu à la télévision, dimanche 3 mars au soir, le chef de l’Etat assure avoir écouté, avoir entendu, le cri du cœur des manifestants. S’il est réélu, Abdelaziz Bouteflika promet une présidentielle anticipée à laquelle il ne se représentera pas. Il promet aussi des réformes. Manifestement, pour les protestataires ces engagements ne suffisent pas.
Ce lundi 4 mars au matin, alors qu’un appel à la grève générale a été lancé, la plus grande université du pays, celle de Bab Ezzouar, qui accueille habituellement près de 40 000 étudiants, était presque déserte et les étudiants se sont rassemblés pour manifester. D’autres rassemblements de milliers d’étudiants ont lieu dans plusieurs villes du pays comme Constantine, Annaba ou encore Bejaïa.
Cette candidature d’Abdelaziz Bouteflika, qui a été déposée par son directeur de campagne, a aussi entraîné des réactions des partis politiques. Ils dénoncent le manque de transparence de la présidentielle à venir.
Abderrazak Makri, le leader du principal parti islamiste qui a renoncé à se porter candidat, a dénoncé ce lundi matin une fraude au parrainage pour le président Abdelaziz Bouteflika. Il estime qu’il est impossible que ce dernier ait recueilli plus de 5 millions de signatures, comme l’affirme son équipe.

Les marches s’inscrivent dans la durée. Non seulement, elle vont continuer mais elle vont surtout s’intensifier et se diversifier. On commence déjà à parler de désobéissance civile et de grève générale au cas où le régime s’accroche au pouvoir à tout prix.

De son côté, le FLN, le parti au pouvoir, a réagi ce matin en estimant que le président, par sa lettre, avait une feuille de route claire et que c’était une réponse aux réclamations du peuple. Des revendications qui sont saines et légitimes, selon le parti.
A la Une de la presse algérienne
Cette nouvelle candidature fait bien sûr aussi la Une de la presse ce lundi. Le journal El Watan titre que le président, par sa décision d’être candidat, défie les Algériens. Dans son éditorial, le quotidien francophone estime que cette décision est une humiliation insupportable. Mais le journal donne aussi la parole à une constitutionnaliste qui affirme que les procurations pour le Conseil constitutionnel ne sont pas valables et, donc, faire déposer sa candidature était illégal.

Les appels à la désobéissance civile se multiplient
Des appels à la grève touchent désormais différents secteurs d’activité, à commencer par celui de la justice. A Constantine, l’ordre des avocats a annoncé un gel de ses activités jusqu’à nouvel ordre. Mot d’ordre similaire dans le secteur de l’éducation où le Conseil national des enseignants du supérieur a lancé un appel à la grève à partir de mardi. Meme mot d’ordre du côté de la Confédération syndicale des forces productives. La Cosyfop a déposé un préavis de grève à compter du 10 mars.
Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, les appels à la désobéissance civile sont relayés en masse. Plusieurs centaines de milliers d’internautes ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils participeraient au mouvement.

SourceRFI

Stay Connected

16,410FansLike
22FollowersFollow
0FollowersFollow
401FollowersFollow

Latest News

crise anglophone

Ambazonie: comment les sécessionnistes terrorisent les populations

Les populations déplacées de part et d’autre du Cameroun, fuyant les conflits dans les régions anglophones mettent sur pied diverses activités pour survivre. Cependant,...
Mohamed Morsi

Egypte: L’ancien président Morsi enterré au Caire en toute discrétion

Mohamed Morsi est décédé lundi 17 juin à 67 ans, frappé d'une crise cardiaque. Issu de la mouvance des Frères musulmans arrivés au pouvoir...

Congo-Kinshasa: Trois agents de l’État inculpés pour le meurtre des deux experts de l’ONU

Le parquet militaire a inculpé ce week-end trois agents de l'État pour le meurtre des deux experts de l'ONU en mars 2017, dans la...