Monday, January 21, 2019

Cameroun: A Garoua, les populations meurent de soif

Les habitants de certains quartiers de la métropole régionale du Nord n’ont pas toujours accès à l’eau potable. Conséquence: certains boivent de l’eau souillée.

La problématique de l’approvisionnement en eau potable dans la ville de Garoua est plus que jamais une épine dans les pieds des pouvoirs publics. De la capitale régionale du Nord    en passant par les cantons, l’accès à l’eau potable reste une équation difficile, mais à résoudre à tout prix et à tous les prix, s’il est vrai que la consommation de l’eau souillée est sujette à de nombreuses maladies.

Parmi les plus connues, et dont le taux de mortalité leur a valu une notoriété, figure en bonne place le choléra qui, nous le savons, continue de faire des ravages dans le Nord du Cameroun ces derniers semaines. Voilà pourquoi certains observateurs avertis estiment que la bataille contre le choléra restera un combat de Sisyphe, tant que le problème de déficit en eau potable ne sera pas résorbé.

Justement, dans cette lancée, la ville de Garoua ne fait pas l’exception. Les habitants de certains quartiers tels que Camp Chinois, Djamboutou et Soweto n’ont pas toujours accès à ce précieux liquide. Au quartier Soweto par exemple, les abonnés de la Camwater et les non-abonnés se confondent presque.

Kalfabe Sanda, habitant du quartier, nous explique qu’ici, les robinets coulent de façon sporadique: “il y a des fois on a l’eau ici trois ou quatre jours sur tout un mois. Et quand ça revient, ça ne fait jamais une journée. Ce n’est que le matin, parfois la nuit vers minuit ou deux heures que ça revient. Et à ce moment, on remplit tous les sceaux, mais ça ne peut pas faire deux jours”.

Quand les robinets sont à sec, les habitants n’ont pas de choix que de faire recours aux puits creusés dans les ravins, et dont les conditions de salubrité sont très dubitables. Aucune odeur de javel. Et une fois de l’eau recueillie, elle ne subit dans la plupart des cas aucune étape permettant de la rendre potable.

Kalfabe Sanda poursuit en signalant que ce déficit en eau le contraint à quitter le quartier dans un avenir proche: “Je ne peux pas supporter, je vais partir. Parfois les gens viennent à la maison, ça sent à cause des toilettes. Il n’y a pas d’eau pour chasser et là où on va puiser là, il y a la colline. Mais chaque fin du mois on paie les factures”. A ce stade, les populations pointent du doigt les pouvoirs publics, qui pour elles, devraient prendre en main leurs responsabilités.

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