Wednesday, September 18, 2019

Pays-Bas: un duel Rutte-Wilders déterminant à deux jours du scrutin

La Haye (AFP) – Le Premier ministre néerlandais et candidat aux législatives Mark Rutte devait affronter lundi son rival anti-islam Geert Wilders deux jours avant un scrutin crucial, lors d’un débat télévisé qui devrait aborder l’immigration et l’intégration sur fond de crise avec la Turquie.

 

Ce face-à-face pourrait être des plus déterminants, car « 60% des citoyens néerlandais ne savent toujours pas s’ils vont voter et pour qui », a expliqué à l’AFP Monika Sie Dhian Ho, directrice de l’Institut Clingendael à La Haye, parlant d’un électorat « fragmenté » et « volatil ».

L’interdiction faite au cours du week-end à des ministres turcs de participer à des meetings en faveur du président Recep Tayyip Erdogan à Rotterdam a fait de l’intégration culturelle une thématique incontournable du duel des titans.

Le scrutin de mercredi « tourne autour d’une question: dans quel sorte de pays voulez-vous vivre? », a interrogé lundi Mark Rutte sur Facebook.

« Je veux un pays où nous vivons ensemble d’une manière normale, un pays qui a montré au monde que nous ne nous laissons pas avoir par du mauvais populisme », a-t-il souligné.

Le Premier ministre a exclu de présenter des excuses pour avoir expulsé samedi la ministre turque de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya, qui avait ignoré les demandes néerlandaises à Ankara de ne pas envoyer de ministre à Rotterdam.

Sorti renforcé dans l’opinion néerlandaise de cet épisode d’après les analystes, il a rétorqué que c’était au président turc de s’excuser pour avoir qualifié les Néerlandais de nazis.

Mais alors que Mark Rutte plaide pour « une désescalade » de cette crise avec un pays membre de l’OTAN, Geert Wilders pousse le gouvernement néerlandais à faire monter la pression.

« Erdogan répète que nous sommes des nazis et des fascistes. Il insulte la police néerlandaise. Pas de désescalade. Expulser l’ambassadeur turc des Pays-Bas et l’équipe toute entière », a-t-il martelé dans un tweet.

– L’effet Trump? –

Candidat à un troisième mandat à la tête du pays de 17 millions d’habitants, Mark Rutte dit « se battre très fort » pour remporter le scrutin, tentant de repousser le député d’extrême droite.

Mais « si les gens pensent que le Parti pour la Liberté de Geert Wilders ne peut pas devenir le plus grand parti, regardez ce qu’il s’est passé avec le Brexit (ou Donald) Trump », a-t-il souligné. « Ici aussi, il est possible que Geert Wilders gagne les élections ».

Selon la dernière étude publiée dimanche par le site de référence Peilingwijzer, qui compile six enquêtes différentes, le parti du Premier ministre se hisse cependant à la première place avec 16% des intentions de vote.

Son Parti libéral populaire et démocrate (VVD) est ainsi crédité de 23 à 27 sièges sur les 150 que compte la chambre basse du parlement. Mais loin des quarante dont il dispose actuellement.

Surfant sur la vague anti-immigration en Europe, M. Wilders a vu ces dernières semaines son PVV reculer, avec 19 à 23 sièges crédités, soit 13% des intentions de vote.

Un recul qui s’explique par la promesse faite par de nombreux partis de ne pas former un gouvernement avec lui, mais aussi par son absence des débats télévisés et par le manque d’explications fournies sur son programme succint.

Connu pour sa rhétorique anti-islam, M. Wilders a promis, s’il devenait Premier ministre, de fermer les frontières aux immigrants musulmans, d’interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées, dans un pays qui compte entre 840.000 et 960.000 musulmans, selon les estimations, soit 5% des 17 millions de Néerlandais.

« Les gens sont intéressés d’entendre comme il va appliquer cela, puisqu’il irait à l’encontre de la Constitution et de nombreuses lois que nous avons ici aux Pays-Bas », a indiqué Mme Sie.

Mais à ses yeux, il est peu probable que le député à la chevelure peroxydée l’emporte.

Lors des « trois dernières élections, il a toujours eu moins de votes lors du véritable scrutin que dans les sondages », souligne encore l’experte. « C’est donc différent de l’effet Trump que nous avons vu aux États-Unis où les sondages avaient sous-estimé son soutien réel. »

Toutefois, si sa formation devait ressortir du scrutin comme l’un des plus grands partis du parlement, il deviendrait une voix difficile à ignorer.

« Ce qu’il est parvenu à faire, c’est politiser ces enjeux, des choses qui ont longtemps été assez taboues aux Pays-Bas, parler de liberté de religion et des droits des réfugiés », analyse Mme Sie.

Son idéologie anti-musulmans, anti-Union européenne et anti-immigration s’adresse à une partie importante de la population néerlandaise et « est ici pour rester », selon elle.

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