Tuesday, June 18, 2019

Présidentielles 2018: eune Afrique au sujet de Paul Biya: «L’idée de connaître un destin semblable à ceux des Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Compaoré, Jammeh ou Mugabe ne semble pas l’effrayer»

Le journal de Béchir Ben Yahmed dénonce un dirigeant qui a tout verrouillé parce que « traumatisé » par le coup d’Etat de 1984 et l’élection présidentielle de 1992.

L’éditorial de l’hebdomadaire Jeune Afrique  n° 3002, du 22 au 28 juillet 2008  est consacré au président camerounais Paul Biya. Cet article signé de Marwane Ben Yahmed est intitulé : « Le mystère Paul Biya ». Le vieux dirigeant y est appelé le « Sphinx d’Etoudi ». Sur le ton de l’ironie, l’auteur  écrit qu’il s’apprête peut-être enfin à faire campagne pour obtenir « presque à coup sûr »  un septième mandat.

Paul Biya est décrit comme un homme qui reste fidèle à lui-même : indéchiffrable, inaudible, insaisissable et pourtant… omniprésent. Selon l’éditorialiste « l’idée de connaître un destin semblable à ceux des Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Compaoré, Jammeh ou Mugabe ne semble pas l’effrayer ». Il croit que l’homme affectionne le triptyque : « simule, dissimule et ne te fie à personne. »

Des principes, érigés selon lui en méthode de gouvernement. « Du grand art », considère le fils du fondateur de Jeune Afrique. Qui le trouve cependant « souvent absent, distant et injoignable » et se demande comment il se débrouille pour être l’un des mieux informés du pays. Ce d’autant plus qu’il connaît le pays « comme sa poche ». « À preuve, il peut même le diriger depuis une suite d’hôtel au bord du lac Léman, où il aime à séjourner de longues semaines chaque année ».

Ben Yahmed affirme que depuis 2006, il a parfois à distance, fait « embastiller tout ce que le Cameroun comptait de barons ». Cas de Marafa Hamidou Yaya, Yves Michel Fotso, Jean-Marie Atangana Mebara.  « Comment un chef peut-il mettre en place une telle bande de malfaiteurs présumés sans être lui-même mis en cause ? », s’interroge-t-il néanmoins. Notre confrère ne peut alors s’empêcher de délivrer ce conseil : « mieux vaut ne pas faire de vagues pour durer dans l’entourage du chef de l’État. Mieux vaut aussi ne pas manifester une intelligence trop vive. Ou une envergure trop grande ».

L’éditorialiste de Jeune Afrique pense que les choix de Paul Biya seraient guidés par « la volonté de garantir à tout prix la stabilité du pays, la perception qu’auront les Camerounais de son héritage,  la protection de sa famille et de son clan, le grand groupe béti »/ Il explique cela par le coup d’État manqué du 6 avril 1984 et la présidentielle d’octobre 1992 où 60 % des Camerounais votèrent contre lui.

Marwane Ben Yahmed pointe l’« âge canonique » de Paul Biya dans un contexte où les dirigeants sont de plus en plus jeunes. Contexte marqué par l’engagement d’Alassane Ouattara à transmettre le témoin. « la seule perspective que semble offrir Paul Biya est de multiplier à l’infini le nombre de ses mandats », déplore Marwane Ben Yahmed. Pire « aucun dauphin n’a été désigné, et encore moins préparé, au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) ».

cameroon-info.net

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