Saturday, November 17, 2018

Rwanda: 22 ans de prison requis contre l’opposante Diane Rwigara

Au Rwanda, le procès de la militante Diane Rwigara et de sa mère a eu lieu ce mercredi devant un tribunal de Kigali. Après avoir passé un an en détention provisoire, les deux femmes, remises en liberté provisoire début octobre, ont comparu libres.

Le procès s’est terminé cinq heures à peine après l’ouverture de l’audience. L’accusation qui n’a trouvé aucune circonstance atténuante aux deux femmes a requis contre l’activiste le maximum de la peine prévue par la loi : 15 ans pour « incitation à l’insurrection » et sept ans pour « contrefaçon de documents ». Elle l’accuse d’avoir falsifié son dossier de candidature à la présidentielle de 2017.

Sa mère encourt la même peine : 22 ans pour « incitation à l’insurrection » et « incitation à des divisions » dans le pays pour des contacts WhatsApp avec des opposants à l’étranger.

Manque de preuves pour la défense

La mère et la fille ont démenti toutes ces accusations. Leurs avocats ont dénoncé le manque de preuves. Le verdict sera rendu le 6 décembre. Les proches de la famille Rwigara eux dénoncent la rapidité avec laquelle les débats ont été menés. Tout va très vite alors qu’hier encore l’activiste rwandaise a tenu des propos très durs envers le régime.

Diane Rwigara a multiplié depuis quelques jours ses sorties médiatiques, et elle ne mâche pas ses mots. « Je sors tout juste de prison », a rappelé l’opposante à l’AFP avant d’ajouter que son pays lui donne « l’impression d’être comme une prison », dont « le gardien (…) n’est autre que le parti au pouvoir, le FPR (Front patriotique rwandais) qui nous dicte comment vivre, ce qu’il faut faire et ce qu’il faut dire ». Et elle se dit prête à retourner en prison pour défendre son droit à la liberté d’expression.

Un procès politique pour Amnesty International

De son côté, Amnesty International demande la levée des charges contre Diane Rwigara et sa mère. L’organisation estime qu’il s’agit d’un procès politique, les deux femmes n’ayant fait qu’exprimer leur opinion, explique Sarah Jackson, directrice adjointe de Amnesty International pour cette région de l’Afrique : « C’est un procès très court qui pourrait amener à une condamnation très lourde, et où la plupart des chefs d’accusation sont liés à la liberté d’expression. Il est absolument crucial que les personnalités politiques puissent exprimer leur point de vue politique et qu’ils puissent, comme partout ailleurs, confronter leurs rivaux et même pouvoir les critiquer ».

SourceRFI

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