Wednesday, August 21, 2019

‘Vous allez regretter Paul Biya quand il partira ‘

Ce Mardi 09 Avril 2019 comme chaque fois qu’il y’a audience de nos amis politiques poursuivis dans le cadre des manifestations du 26 Janvier 2019, je suis sortie de la maison à 07h pour le palais de justice centre administratif, à mon arrivée, j’ai trouvé un impressionnant dispositif policiers, pour ceux qui connaissent les lieux, l’axe qui part du ministère des finances jusqu’à la sonel centrale était bloqué à la circulation, le passage des piétons filtrés par la police.

Comme tout camerounais qui ne se reproche de rien, je me suis rendu venant de la sonel centrale à la barrière de police et me suis présenté à la policière en lui présentant ma CNI, lui faisant comprendre que je venais assister à une audience, cette dernière m’a laissé passer, j’ai continué mon chemin et je suis entré au palais de justice par l’entrée à côté de l’iford non sans avoir procédé au même rituel que précédemment cet fois avec des gendarmes.

Une fois dans l’enceinte du palais de justice, je suis entrée dans la salle 4 du tribunal de grande instance où j’ai déposé mon sac à côté d’autres militants et je suis ressorti pour uriner, une fois sorti je suis interpellés par un papa en béquilles qui ne pouvant pas descendre les escaliers seul me demande de l’aide pour le soutenir, une fois fait, il me demandera par la suite de le conduire au bureau du procureur général qui se trouve au cinquième étage de l’immeuble principal du palais de justice, c’est ainsi que sur le chemin pour le conduire je tombe sur un officier de police en civil qui me reconnaît car il était l’un de ceux qui m’ont auditionné aux renseignements généraux lorsqu’on s’est fait interpellé en pleine séance d’investissement humain du côté de Nkomo.

Aussitôt qu’il me voit, il me dit comment as tu fait pour entrer notons que le palais de justice est un service “public”, ce qui m’était reproché était le fait que en tant que militants du MRC je n’avais pas le droit d’accès au palais de justice. En m’interpellant il prend ma CNI et mon téléphone, moi je le suis car je ne me reproche de rien, je récupère mon sac en salle d’audience qu’il se permet de fouiller et récupère l’écharpe du MRC dans mon sac d’une valeur de 1500 qui ne m’a pas été rendu et il récupère également ma carte du MRC qui m’a été restitué au commissariat central numéro 1, quand il m’arrête il m’amène vers son collègue à l’extérieur du palais de justice en face de l’entrée principale où se trouvait des policiers et gendarmes en tenue. Ils ont commencé à jouer sur ma psychologie en disant “vous pensez que Kamto vous fera quoi même s’il devient président ?

Il ne vous connais pas, vous allez regretter Paul Biya quand il partira,……..” Je l’ai écoutaient sans rien dire, puis il m’a laissé là où j’ai passé plus de 02 heures de temps avant de venir me récupérer pour m’amener d’abord au parquet disant qu’il me laissera là-bas en cellule et que le mercredi suivant on devait me déférer pour Nkondengui, que c’est moi qui ai voulu, je suis têtus,…. Sans rien dire toujours en souriant je l’écoutais, une fois arrivé là-bas, on est de nouveau reparti au palais de justice sur le chemin il me dit tu veux aussi être président de la République ? J’ai répondu avec une question pourquoi pas ? Il me dit ok tu iras d’abord faire 06 mois à Nkondengui.

Après on a pris un taxi à ses frais pour le central numéro 1, où j’ai retrouvé 16 autres personnes qui avaient été interpellés parmis lesquels des militants mais aussi des passants qui venait récupérer des pièces au palais de justice. Au commissariat central numéro 1 on a été enregistrée avant de venir nous faire sortir en triant 10 des 17 pour nous amener dans le bureau du central où il y’avait des commissaires principaux, des officiers et les 02 officiers des renseignements généraux qui m’avaient interpellés pour leur préciser que nous ces 10 nous étions des dangereux et faire la répartition des enquêteurs pour chacun de nous. L’un des officiers qui m’avaient interpellés n’a pas oublié de préciser que moi j’étais une pièce importante dans le parti, que j’avais dans mon sac à dos des cartes de membres et des documents du parti si bien que le commissaire principal qui devait mener mon audition a envisagé un instant qu’on aille perquisitionner le domicile de mes parents.

Lors de l’audition on a débuté par quel est ton nom, ta date de naissance, le lieu, ton quartier,…… Puis vient le commissaire central avec un questionnaire de près de 05 questions envoyées depuis la DGSN par le directeur lui même, entre autres questions es tu bamileke? On vous a payé combien ? Pourquoi vous criez Kamto président,…… Après l’audition, je suis allé dans une salle pour être ficher par 02 dames, l’une parmis les 02 m’a clairement fait comprendre que moi en tant que ressortissant du centre je devais soutenir Paul Biya, que les bamilekes vont me donner quoi? (J’ai été scandalisé de découvrir à quel point dans nos services publics même au plus haut niveau on utilise ce poisson pour nous manipuler).

Elle a ajouté par la suite que c’est parce qu’on nous caressait, que si elle était président elle demanderait qu’on nous chicotte correctement après l’interpellation, puis qu’on nous envoie pour 03 mois à Nkondengui là où on devait bien nous sodomiser et elle verra si après ça on manifestera encore. Après j’ai été ramené en cellule, vers 20h on nous a tous réunis dans un bureau où on a demandé à l’avocat présent de sortir, puis un parterre impressionnant de hautes personnalités de la police camerounais est venu à notre rencontre pour nous rappeler que même si les lois sont mauvaises, qu’elles s’appliquent et que pour toute manifestation on devrait se rassurer d’avoir la loi de notre côté, que en France qu’ils ont le droit de casser parce que c’est un pays riche mais que au Cameroun on ne peut se le permettre car on a pas d’argent pour dégrader le peu qu’on a (qui a cassé quoi on ne sait, de plus on sait que le Cameroun est un pays riche mais la mauvaise gouvernance nous plonge dans une pauvreté extrême), après ce discours, il nous a été annoncée qu’on serait tous libéré mais qu’on nous a fiché et que la prochaine fois la procédure ira jusqu’au bout (je me suis posée la question pourquoi pas cette fois-ci ? Surtout avec les ménaces de Atanga Nji).
Nous avons ainsi été libéré après que nos téléphones nous ai été restitué et toutes nos affaires.

Mais je déplore la perte de la somme de 25000 frs appartenant au partis, la non restitution de l’écharpe que je devais remettre à une militante de Yaoundé 4 qui l’avait acheté, ça s’est pour moi, un autre sympathisant MRC n’a pas retrouvé son téléphone et un autre la batterie a été retiré du téléphone.
Je profite pour dire merci aux avocats qui nous ont assisté, merci au parti MRC et son directoire, merci à tous ceux qui nous ont envoyé des messages de soutien et d’encouragement.

Le monde ne sera pas détruit par les méchants, mais par les hommes de bien qui laissent faire les méchants sans rien dire, alors résistons pour nos libertés

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